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Avouez! La torture, c'est inhumain. Campagne 2013
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© Vicki Jane Fletcher | Amnistie internationale
5 des 6 enfants de Khaled Manjed Abdullah (42 ans), Rhamia Mohammad (34 ans).


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« J’ai découvert que mon mari avait
été tué. Personne ne m’a averti - j’ai
découvert sur YouTube [...] »
-Yara, 23 ans, à quatre enfants, Mahdi (7 ans), Mariam (6 ans),
Mohamed (3 ans) et Mutanama (2 ans).



CONTEXTE
• De qui on parle
• Ouvrons nos portes aux réfugiés syriens
• Les réfugiés et les migrants lancent un SOS à l'Europe!
• Mythes et réalités
• Organisations d'accueil des réfugiés au Québec

Mythes et réalités

Pour mieux comprendre la réalité des réfugiés, il faut déboulonner certains mythes sur leur apport à la société et pourquoi ces personnes deviennent des réfugiés.

Téléchargez un livret sur les préjugés envers les personnes réfugiées avec plein de statistiques et d’information pour déconstruire le discours sur cette question. MERCI À GARNOTTE pour ses caricatures et sa vision humaniste des enjeux sociaux.

POUR OBTENIR DES LIVRETS, ÉCRIRE À : stagiairecampagnes@amnistie.ca

ANCRE1

MYTHES : Le Canada accueille trop de réfugiés

RÉALITÉ :

Moins de 1 % des réfugiés dans le monde vivent au Canada

Il y a 19,5 millions de réfugiés dans le monde, et moins de 1 % (165 874) vivent au Canada. Au cours de l’année 2014, il y a eu 2,9 millions de nouveaux réfugiés, dont moins de 1 % (22 220) ont été accueillis par le Canada. Ceci situe le Canada au 15e rang des 44 pays industrialisés qui accueillent des demandeurs d’asile. Les cinq pays en tête de ce classement (l’Allemagne, les États-Unis, la Turquie, la Suède et l’Italie) acceptent à eux seuls 60 % des demandes d’asile faites dans un pays industrialisé.I

Le Canada a promis d’accueillir 0,3 % des réfugiés syriens

Le Canada a promis d’accueillir 25 000 réfugiés syriens d’ici la fin février 2016 et le même nombre avant la fin de l’année pour un total de près de 50 000. Ça représente seulement 0,03 % de la population canadienne (environ 35 millions) et aussi moins de 0,3 % du nombre total de réfugiés syriens dans le monde (4 millions). Quatre-vingt-quinze pour cent des réfugiés syriens sont actuellement recueillis par des pays voisins, soit le Liban, la Jordanie, l’Irak, l’Égypte et la Turquie.

En effet, les réfugiés ont tendance à demander asile dans un pays voisin. Ainsi, les pays en voie de développement accueillent de loin la plus grande partie (86 %) des demandeurs d’asile et des réfugiés dans le monde. En 2014, les pays qui accueillaient le plus grand nombre de réfugiés étaient le Pakistan, l’Iran, le Liban, la Jordanie, la Turquie, le Kenya, le Tchad, l’Éthiopie, la Chine et l’Ouganda.

Il est également important de se rappeler que la protection des réfugiés n’est pas un acte de générosité, mais plutôt une obligation légale. Au Canada, il est interdit de refuser l’entrée à des réfugiés ou de les renvoyer dans un pays où ils risqueraient d’être persécutés ou de subir toute forme de torture et autres mauvais traitements.


ANCRE2

MYTHES : Les réfugiés sont des criminels

RÉALITÉS :

De 2003 à 2006, seulement sept demandes sur un total de 99 980 ont été jugées irrecevables pour des raisons de sécurité II

La Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés exclut les demandeurs de statut de réfugié si le Canada a des raisons de croire qu’ils posent des problèmes du point de vue de la sécurité, de grande criminalité, qu’ils font partie du crime organisé ou qu’ils ont porté atteinte aux droits humains. Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) fait subir un contrôle à tous les demandeurs d’asile à leur arrivée au Canada.

Les personnes arabophones/asiatiques occidentales (réfugiés et Canadiens confondus) représentent moins de 1 % des délinquants dans les prisons canadiennes.III

Il est important de noter que même si un individu demandant le statut de réfugié est considéré comme un criminel dans son pays, il est possible que son crime soit sans importance. La majorité des demandeurs d’asile fuient des pays en conflit ou dans lesquels leur sécurité est menacée. Ils peuvent avoir été des prisonniers d’opinion ou avoir été incarcérés parce qu’ils ont dénoncé des violations de droits humains.


ANCRE3

MYTHES : Les réfugiés ne s'intègre pas

RÉALITÉS :

La diversité n’est pas à craindre : elle représente une force pour le Canada

À chaque génération, on se demande si les immigrants nouvellement arrivés s’intégreront aussi bien que ceux qui sont ici depuis plus longtemps. Il y a cent ans, la population du Canada était en fait plutôt diversifiée. Parmi les immigrants de la première heure arrivés en grand nombre, on considérait certains Européens, les Ukrainiens par exemple, comme posant un grand défi au niveau de l’intégration.

La diversité n’est pas à craindre : elle représente une force pour le Canada. Au Québec, afin d’aider les réfugiés à s’intégrer, ils sont accueillis dans des villes situées partout dans la province et ils sont soutenus pendant plusieurs années. Par contre, 90 % des musulmans au Québec sont dans la région de MontréalIV, ce qui peut changer la perception que l’on a d’eux hors de la métropole.

Une partie des ressources accordées aux réfugiés par le Québec leur permet une meilleure intégration sociale, linguistique et économique. Notamment, les réfugiés reçoivent un supplément de revenu pendant les cours de francisation, un atout pour accéder au marché du travail.


ANCRE4

MYTHES : Les réfugiés et immigrants musulmans demandent trop d’accommodements religieux

RÉALITÉ :


Avec dix demandes entre 2000 et 2006, ce sont les plaignants protestants qui ont déposé le plus grand nombre de demandes d’accommodement religieux

Au Canada en 2011, 54 % des immigrants se déclaraient chrétiens, 20 % n’avaient aucune appartenance religieuse et seulement 11 % se disaient musulmans.V

Les plaintes liées aux demandes d’accommodement pour des motifs religieux ne représentent qu’une proportion minime des plaintes reçues par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. De 2009 à 2013, la Commission a reçu 3 582 plaintes, dont seulement 0,69 % étaient liées à une demande d’accommodement religieux.VI

Entre 2000 et 2006, ce sont des plaignants protestants qui ont déposé le plus grand nombre de demandes d’accommodement religieux (10), suivi des musulmans (9), des juifs (7), des Témoins de Jéhovah (5) et les catholiques (1). Ces données contredisent l’idée répandue dans les médias selon laquelle les demandes liées à des motifs religieux seraient déposées par les minorités religieuses essentiellement musulmanes et juives. Au cours de ces six années, seulement quatre plaintes de la part de personnes musulmanes étaient liées au port d’un vêtement ou d’un accessoire religieux.VII


ANCRE5

MYTHES : Ils ont choisi d’être réfugiés

RÉALITÉ :


La majorité des demandeurs d’asile qui arrivent au Canada fuient des violences sérieuses

Être réfugié, ce n’est pas un choix! Les circonstances (conflit meurtrier, persécution de leur ethnie ou religion, répression de leurs idées politiques, etc.) les ont mis sur la route malgré eux! Souvent, ils laissent derrière eux leur famille et tout ce qu’ils possèdent.

La majorité des demandeurs d’asile qui arrivent au Canada fuient des violences sérieuses telles que la guerre, ou viennent de pays gouvernés par des régimes autoritaires qui ne peuvent ou ne veulent pas protéger certains de leurs citoyens. En effet, les cinq premiers pays de provenance représentant 60 % des réfugiés sont la Syrie, l’Afghanistan, la Somalie, le Soudan et le Soudan du Sud.VIII

Les pays comme le Canada sont enregistrés au Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et choisissent qui sera accueilli. Donc, ce ne sont pas les réfugiés qui choisissent le pays où ils seront réinstallés.


ANCRE6
MYTHES : Les réfugiés profitent des programmes sociaux

RÉALITÉ :

Les réfugiés accueillis dans le cadre du parrainage privé (Programme de parrainage collectif) n’ont pas droit à l’aide gouvernementale l’année suivant leur arrivée au Canada. Le soutien financier doit être fourni par leurs parrains — des groupes bénévoles communautaires.

Les réfugiés parrainés par le Gouvernement sont les seuls à recevoir un revenu de la part du fédéral par l’entremise du Programme d’aide au rétablissement (PAR), sauf pour ceux au Québec qui sont soutenus financièrement par celui du Québec. Le soutien est fourni pour une période maximale d’un an et il est offert seulement aux réfugiés dépourvus de revenus ou de ressources financières.

Au Québec, les personnes et les familles ont accès aux programmes de solidarité sociale (PSS) et d’aide sociale (PAS) en dernier recours. Au Québec, en avril 2015, seulement 0,7 % des adultes prestataires des programmes d’aide financière de dernier recours étaient des demandeurs d’asile (dont 1,1 % pour le PAS sont des demandeurs d’asile, et 0,1 % pour le PSS).X

Plusieurs facteurs indiquent que les réfugiés contribuent en fait au développement du Canada. Selon le Conference Board du CanadaXI, un institut de recherche plutôt conservateur, l’arrivée annuelle de 250 000 immigrants (incluant les réfugiés) permet de développer la population canadienne, et par conséquent de conserver le filet social et le niveau de vie étant donné que plus de personnes contribuent aux cotisations.

Par ailleurs, les demandeurs d’asile qui détiennent un emploi paient des impôts sans jouir de certains des services offerts et disponibles aux Canadiens. Ils paient certaines taxes pour des services (de santé par exemple) auxquels ils n’ont pas droit. Les coûts des soins de santé pour les réfugiés et les demandeurs d’asile ne représentent que 10 % des coûts d’autres Canadiens.

Enfin, un réfugié devra payer pour les examens médicaux d’entrée au pays et rembourser sous forme de prêt avec intérêt, s’il est parrainé par le Gouvernement, les frais de transport pour arriver au Canada. Pour certaines personnes, cela peut représenter jusqu’à 10 000 $!


ANCRE7

MYTHES : Les réfugiés sont des sans-papiers

RÉALITÉ :


Le droit international reconnait que les réfugiés n’ont souvent d’autre choix que d’entrer illégalement dans un pays d’asile

Pour plusieurs réfugiés fuyant la persécution, un faux document de voyage constitue la seule façon de s’échapper. Les gouvernements répressifs refusent souvent d’émettre des passeports aux dissidents politiques connus – ou les mettent en prison s’ils font une demande de passeport. Les réfugiés sont parfois dépouillés de leurs pièces d’identité en fuyant un conflit ou n’ont pas le temps de prendre leurs documents avant de fuir vers un endroit plus sûr.

Le droit international reconnaît que les réfugiés n’ont souvent d’autre choix que d’entrer illégalement dans un pays d’asile et qu’ils ne devraient donc pas être pénalisés pour une éventuelle entrée illégale dans le pays d’accueil. La Convention de 1951, signée par le Canada, a été élaborée pour répondre à la crise des déplacés suite à la Seconde Guerre mondiale; on se souviendra que de nombreux juifs fuyant les nazis ont dû avoir recours à de faux documents pour réussir à fuir et par la suite être reconnus comme réfugiés.


ANCRE8

MYTHES : Les réfugiés prennent nos jobs

RÉALITÉ :


Le taux de chômage chez les réfugiés est de 40 %

Le taux de chômage chez les réfugiés est plus élevé que chez les autres immigrants, notamment parce qu’ils sont arrivés sans préparation et qu’ils n’avaient pas le choix de quitter leur pays. En général, le taux de chômage de la population immigrante est malheureusement plus élevé que celui des individus nés au Canada.XII

Les deux principales raisons de cette réalité sont la non-reconnaissance des diplômes et la discrimination face à l’emploi. Les taux de reconnaissance de l’expérience et des diplômes obtenus à l’extérieur du Canada sont faibles, soit un peu moins de 15 %.XIII Par conséquent, les réfugiés ont tendance à occuper des emplois peu spécialisés et pénibles, à être moins bien rémunérés et à travailler dans de mauvaises conditions.

Le milieu agricole représente un cas particulier; il semble difficile de recruter du personnel pour ce secteur d’activité. Pour régler ce problème, le gouvernement fédéral a mis sur pied des programmes de travailleurs agricoles saisonniers qui accueillent des travailleurs étrangers pendant quelques mois chaque année. XIV


ANCRE9

MYTHES : Le Canada est envahi par les musulmans

RÉALITÉ :

Les musulmans ne représentent que 3,1 % de la population du Québec.

Entre 2001 et 2011, le nombre de musulmans au Québec est passé de 108 620 à 243 430, selon Statistique Canada. Dans un sondage national auprès des ménages en 2011, 9,6 % des résidants de la Ville de Montréal se sont déclarés musulmans. Peu d’entre eux s’installent en région, ce qui crée une surreprésentation à Montréal. Les musulmans représentent 3,1 % de la population du Québec et de celle du Canada. On est loin de l’envahissement!

Ces données viennent contredire la perception que les musulmans sont en nombre important. De plus, il est faux de prétendre qu’ils demandent plus d’accommodements raisonnables que les représentants des autres religions; en fait, ils en demandent même moins que certains d’entre eux!

Trop souvent un amalgame est fait entre musulmans et intégristes, généralisant ainsi une peur du musulman. Or les intégristes ne représentent qu’une infime minorité des musulmans.

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Source : Au delà des apparences: mythes et préjugés sur les réfugiés et les immigrants au Québec et au Canada

 

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